La lande tourbeuse et la tourbière acide
| En bas de pentes, de part et d'autre de la dépression tourbeuse centrale, s'étend sur une dizaine de mètres de largeur, un complexe de lande tourbeuse et de tourbière acide particulièrement riche au niveau floristique. |
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La limite entre la lande tourbeuse et la tourbière active est parfois assez difficile à établir. Les plantes qui les caractérisent sont souvent rencontrées dans ces deux habitats. Plusieurs espèces végétales, souvent rares, parfois protégées, soulignent le caractère tourbeux du substrat : le piment royal (Myrica gale), un arbuste très odorant présent sur l'ensemble de la dépression tourbeuse, le scirpe cespiteux (Scirpus cespitosus subsp. germanicus), en touffes serrées, le mouron délicat (Anagallis tenella), aux délicates fleurs rose pâle...
Sur la tourbe nue se développent des communautés turficoles pionnières, dont les représentantes les plus emblématiques sont certainement les plantes carnivores : rossolis à feuilles intermédiaires (Drosera rotundifolia) et grassette du Portugal (Pinguicula lusitanica). Les rhynchospores blanc et fauve (Rhynchospora alba & R. fusca) colonisent également les espaces dénudés.
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La tourbière active à sphaignes est donc présente sur la réserve naturelle de Mathon mais de manière fragmentée. Les sphaignes y sont abondantes : Sphagnum subnitens, en coussins autour des touffes d'herbacées, Sphagnum capillifolium et Sphagnum palustre, dominantes dans les zones plus hygrophiles et turfigènes, Sphagnum inundatum, dans les trous d'eau...
| Dès qu'un début d'assèchement se
fait sentir, d'autres communautés muscinales apparaissent, avec notamment
Campylopus brevipilus.
Sur ce support bryophytique sont installées diverses espèces pionnières des tourbières acides : le rossolis à feuilles rondes (Drosera rotundifolia), la narthécie des marais, la linaigrette à feuilles étroites (Eriophorum angustifolium), la laîche arrondie (Carex diandra)... |
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Enfin, les mares ponctuant la tourbière acide hébergent des communautés de plantes aquatiques, amphibies à hydro-hygrophile, des eaux oligotrophes acides : la petite utriculaire (Utricularia minor), minuscule plante carnivore captant ses proies grâce à des feuilles transformées en outres, le millepertuis des marais (Hypericum elodes), formant des radeaux flottants en ceinture autour des dépressions en eau, le potamot à feuilles de renouée (Potamogeton polygonifolius), le scirpe flottant (Scirpus fluitans)...
Une régression lente de la tourbière active
| Le déclin des
formations de tourbières actives était déjà noté sur la réserve bien avant 1995.
Leur régression en bordure de la lande humide à bruyère à quatre
angles s'expliquait par l'action conjointe de phases de sécheresse
relative (1988 à 1991) et de la sénescence des zones de tourbières
envahies par les Éricacées et la molinie. Au vu des résultats des études hydro-pédologiques de 1999 et 2000, il semble que la régression de la tourbière active au profit de la lande tourbeuse soit étroitement liée à un abaissement de la nappe de la tourbe. On observe en effet un net déplacement de la bande tourbeuse et de la limite de la lande hygrophile vers des niveaux topographiques inférieurs. Cet abaissement de la nappe de la tourbe pourrait être lié au pompage dans la nappe des sables au niveau du bassin versant de la tourbière (ex. captage d'eau potable pour la commune et son industrie agroalimentaire très développée notamment). |
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