Les prairies humides à para-tourbeuses

Les prairies humides à para-tourbeuses, au sol gorgé d'eau entre octobre et avril, hébergent des groupements végétaux à hautes herbes, dominés par les joncs (jonc subnoduleux, j. acutiflore, j. épars...) et les laîches (laîche distique, l. glauque, l. noire, l. à bec...), auxquels se mêlent, en plus ou moins grande proportion, diverses plantes des milieux eutrophes, communément rencontrées au sein des mégaphorbiaies (lysimaque commune, eupatoire chanvrine, menthe aquatique...). 

En mai - juin, ces prairies humides se couvrent d'orchidées : orchis à fleurs lâches (Orchis laxiflora),  orchis négligé (Dactylorhiza praetermissa), orchis tacheté (Dactylorhiza maculata) et sur les bords plus secs, orchis pyramidale (Anacamptis pyramidalis).

Orchis à fleurs lâches

On peut également y observer, en lisière de saulaie, l'ophioglosse commun (Ophioglossum vulgatum), ou langue-de-serpent, petite fougère rare en Basse-Normandie.

Les différents inventaires menés sur ces prairies ont montré une importante richesse en invertébrés.

Les prairies humides à para-tourbeuses sont pâturées une partie de l'année par les vaches Highland. Certaines sont également fauchés, en fin d'été, pour compléter la réserve de foin utilisé en hiver. La physionomie de la végétation est très fortement liée au mode de gestion appliqué (fauche ou pas).

  • Les prairies pâturées et fauchées présentent une végétation basse, homogène, souvent très largement dominée par le jonc subnoduleux et la renoncule âcre ; elles sont relativement riche en orchidées.

Prairie humide à orchidées

  • Les prairies uniquement pâturées sont plutôt caractérisées par des communautés végétales apparentées aux mégaphorbiaies. La végétation est souvent hétérogène, dense et très diversifiée. Quelques bouquets de saules roux-cendrés ponctuent ici et là la strate herbacée haute.

Mégaphorbiaie eutrophe à iris faux acore