Les landes à bruyères
| Sur la Réserve Naturelle de la
Tourbière de Mathon, les landes à bruyères se sont développées sur les deux
versants encadrant la dépression tourbeuse centrale.
Elles étaient autrefois utilisées par les paysans riverains qui y faisaient paître quelques chèvres, chevaux ou ânes, au piquet, et qui y fauchaient la bruyère pour le paillage des légumes ou pour la litière. La molinie était ratissée à la saison froide afin de récupérer les feuilles mortes comme litière ou paille. Le brûlis était parfois pratiqué pour favoriser la molinie. |
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En fonction du gradient hydrique du substrat, on peut observer ici différents faciès de lande, depuis la lande sèche sur les points les plus élevés jusqu'à la lande tourbeuse, en bas de pente. Le sol sableux, pauvre et acide, s'apparente à un podzol.
La lande sèche à bruyère cendrée
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Autrefois très étendue dans les
Landes de Lessay, cette végétation typiquement dominée par les Ericacées se
reconnaît, entre autre, à ses somptueuses couleurs estivales. Elle est ici
située sur les secteurs les plus élevés de la réserve. La bruyère cendrée
(Erica cinerea) est accompagnée de la callune (Calluna vulgaris)
et de l'ajonc nain (Ulex minor).
La strate muscinale, dominée par l'hypne des bruyères (Hypnum ericetorum) est épaisse et très recouvrante. Les cladonies (Cladonia portentosa, C. ciliata..) forment des petits coussinets gris-bleu, très cassants à l'état sec. |
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La caractérisation des groupements végétaux présents ici montre une appartenance à l'Ulici minoris - Ericetum cinereae Géhu 1975.
La molinie (Molinia caerulea), une herbe particulièrement envahissante dans les landes atlantiques, prend parfois le pas sur les autres espèces ; elle forme des touradons compacts, de taille variable, et produit une litière volumineuse qui asphyxie peu à peu les Ericacées. Espèce favorisée par le feu, très compétitive, la molinie peut entraîner la formation de tapis monospéficiques.
Une strate arbustive clairsemée se développe spontanément dans certains secteurs : bourdaine (Frangula alnus), chêne pédonculé (Quercus robur) et surtout ajonc d'Europe (Ulex europaeus).
Un faciès méso-xérophile à agrostide capillaire (Agrostis capillaris) et fétuque filiforme (Festuca filiformis) peut être observé au sein des secteurs les plus secs de la lande à bruyère cendrée. Il s'agit d'un stade régressif, induit le plus souvent par piétinement. Ce groupement végétal est principalement localisé sur les anciens chemins ou les passages privilégiés des animaux en pâture.
La lande humide à bruyère à quatre angles
| A mi-pente, le
taux d'humidité dans le sol augmentant sensiblement, une troisième
espèce d'Ericacées devient dominante : la bruyère à quatre angles (Erica
tetralix). La molinie et l'ajonc nain sont toujours présents, souvent
en moindre densité. La callune est souvent plus discrète, la bruyère
cendrée quasiment absente.
Les cladonies (Cladonia sp.pl.) sont très développées à ce niveau. En bas de pente, en limite de lande tourbeuse, quelques coussinets de sphaignes peuvent être observées : Sphagnum tenellum, S. compactum. Ces espèces plutôt hygrophiles et peu turfigènes, supportent des périodes de sécheresse. |
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Du point de vue phytosociologique, ce type de végétation se rattache à l'Ulici minoris - Ericetum tetralicis Lemée 1939.