Quelques mots d'histoire
| Un patrimoine naturel
reconnu
Au début du XXe siècle, le massif des Landes de Lessay couvre encore plus de 4 000 hectares. Craintes par ces habitants, peuplées de légendes et de personnages magiques, ces vastes étendues de terres maigres, incultes, aux paysages désolés, inspirent alors de nombreux écrivains et attirent tout autant de naturalistes... Au XIXe siècle, Louis Corbière, dont les ouvrages restent aujourd'hui encore des références en Basse-Normandie, les cite d'ailleurs dans deux de ces travaux : "Nouvelle Flore de Normandie" (1893) et "Catalogue des Muscinées de la Manche" (1889). Succédant au naturaliste De Gerville qui, dans son inventaire de la flore du département de la Manche, fait mention de la "tourbière landelles de Mathon", L. Corbière s'intéresse plus particulièrement à la tourbière de Mathon en 1899 en lui consacrant un article dans le bulletin de la Société Linnéenne de Normandie. |
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Dix ans de procédure de classement... Au début des années 1960, un projet d'installation d'une usine de conserverie pèse sur la tourbière de Mathon. Alerté par les naturalistes et scientifiques locaux, le Muséum National d'Histoire Naturelle lance la rédaction d'un rapport intitulé "La tourbière de Mathon : un site écologique bas-normand à classer et à conserver", rapport qui sera présenté en juillet 1964 au Conseil National de la Protection de la Nature et envoyé à de nombreuses autorités (ministères, administrations régionales et départementales). Avec l'accord du maire de la commune de Lessay, la Commission Départementale des Sites émet en 1967 un avis favorable pour le classement en Réserve Naturelle Nationale, au titre de l'article 8 bis de la loi du 2 mai 1930. En 1971, le Ministère chargé de la Protection de la Nature donne son accord pour l'acquisition des parcelles par l'Etat et le classement du site en Réserve Naturelle : la procédure d'achat des parcelles, appartenant à 15 propriétaires différents (dont la commune de Lessay) peut commencer. L'arrêté de création de la Réserve Naturelle paraît au Journal Officiel du 26 octobre 1973 ; près de 10 ans se sont passés depuis le lancement de la procédure de classement. |
La gestion du site de 1973 à nos jours
Entre 1973 et 1988, plusieurs chantiers de restauration de milieux sont réalisés : coupe de saules et d'aulnes dans la roselière, coupe de pins maritimes dans la lande...
En 1988, la gestion du site est officiellement confiée à l'association Vivre en Cotentin (labellisée depuis Centre Permanent d'Initiatives pour l'Environnement), sous tutelle du Muséum National d'Histoire Naturelle.
De nombreuses études scientifiques (inventaires et cartographies floristiques et faunistiques, études hydro-pédologiques...) sont réalisées au début des années 1990 afin d'améliorer les connaissances scientifiques du site. Sur la base de ces recherches, un premier plan de gestion est rédigé (C. Zambettakis, 1994) et validé par les membres du comité de gestion en 1995. Il pose pour la période 1995 - 2000, les objectifs de conservation du patrimoine naturel et planifie les actions à mettre en oeuvre pour tendre vers ces mêmes objectifs.
| Pendant ces 5 années, différents chantiers de restauration et d'entretien de milieux sont engagés. Parallèlement, est mis en place dès 1995, un pâturage extensif avec un petit troupeau de bovins Highland. Plusieurs études viennent également compléter les inventaires naturalistes et améliorer la compréhension de la fonctionnalité du site (ex. étude du fonctionnement hydro-pédologique de la tourbière). |
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En 1996, toutes les parcelles classées en Réserve Naturelle sont rétrocédées au Conservatoire du Littoral mais le CPIE du Cotentin en reste gestionnaire.
Le 2ème plan de gestion, validé en 2002, couvre la période 2003-2008. Placé sous le signe de la continuité, il est marqué par la poursuite des travaux d’entretien des milieux naturels. Le troupeau de bovins Highland est maintenu à 3 adultes, les jeunes étant vendus à l’âge d’un an. Des études scientifiques complémentaires sont menées (investigations hydrologiques, inventaires entomologiques, bryo-lichéniques…). Plusieurs aménagements visant à améliorer l’accueil du public sont mis en place : 2 platelages, 4 panneaux, des plots anti-circulations pour délimiter le parking. Des outils de communication sont créés : livret, exposition, nouveau dépliant officiel…
L’évaluation de ce plan de gestion souligne la nécessité d’agir pour améliorer le fonctionnement hydropédologique de la tourbière et limiter l’entrée d’éléments polluants via les eaux superficielles.